Quand on commence à travailler les règles de barre au permis côtier, il y a souvent un point qui crée de la confusion dès le départ.
On voit défiler des situations de croisement, de route de collision, de visibilité réduite, de navire privilégié, de navire qui doit s’écarter… mais on ne comprend pas toujours dans quel cadre chaque règle s’applique.
Résultat : beaucoup de candidats essaient de retenir des cas particuliers sans avoir compris la structure d’ensemble.
Et c’est justement ce qui complique les choses.
Car les règles de barre ne forment pas un bloc unique. Elles sont organisées en trois sections, et cette organisation n’est pas là par hasard.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi il existe 3 sections dans les règles de barre, à quoi sert chacune d’elles, dans quelles conditions elles s’appliquent, et comment éviter les confusions les plus fréquentes.
Je suis formateur au permis bateau, et mon objectif ici n’est pas seulement de vous aider à répondre à quelques questions de QCM. L’idée est surtout de vous aider à comprendre la logique des règles de barre pour mieux les retenir et mieux les utiliser ensuite.
Référence SHOM / Règles de barre
Pourquoi les règles de barre sont souvent mal comprises
Beaucoup de candidats abordent les règles de barre comme une liste de cas à mémoriser.
Par exemple :
- un navire doit s’écarter ;
- un autre est privilégié ;
- en croisement on fait ceci ;
- en rattrapage on fait cela ;
- dans le brouillard ce n’est plus pareil.
Le problème, c’est que si vous ne savez pas dans quel cadre chaque règle s’applique, tout finit par se mélanger.
Et c’est normal.
Parce que les règles de barre ne s’appliquent pas toutes dans les mêmes conditions.
Certaines sont à suivre en permanence, quelles que soient les conditions de visibilité.
D’autres ne s’appliquent que lorsque les navires sont en vue les uns des autres.
Et d’autres encore ont été prévues spécialement pour la visibilité réduite.
Autrement dit, avant même de vouloir apprendre les cas particuliers, il faut comprendre l’architecture générale.
C’est cette base qui permet ensuite de vraiment s’y retrouver.
Les règles de barre sont organisées en 3 sections
Dans le RIPAM, les règles de barre sont organisées en trois sections :
Section 1
Conduite des navires dans toutes les conditions de visibilité
Section 2
Conduite des navires en vue les uns des autres
Section 3
Conduite des navires par visibilité réduite
C’est cette structure qu’il faut avoir en tête.
Car si vous ne savez pas dans quelle section vous vous trouvez, vous risquez d’appliquer la mauvaise règle.
Pourquoi cette organisation existe
Cette organisation existe parce qu’un navire ne se comporte pas de la même manière selon que :
- il voit clairement l’autre navire ;
- il ne le voit pas du tout ;
- ou il se trouve dans une situation où certaines précautions doivent toujours s’appliquer, quelle que soit la visibilité.
En clair, on n’analyse pas de la même façon une situation :
- en plein jour, avec deux navires qui se voient bien ;
- et dans le brouillard, où l’on ne peut que s’appuyer sur le radar, l’AIS et les signaux sonores.
Il est donc logique que les règles soient organisées selon le contexte de navigation.
Section 1 : les règles qui s’appliquent dans toutes les conditions de visibilité
La première section regroupe des règles générales.
Ce sont des règles qui s’appliquent tout le temps :
- de jour ;
- de nuit ;
- par beau temps ;
- dans la brume ;
- en visibilité normale ;
- en visibilité réduite.
Cette section pose des bases essentielles, notamment sur :
- la veille ;
- la vitesse de sécurité ;
- le risque d’abordage ;
- les moyens de vérifier ce risque ;
- et la manière d’agir pour éviter la collision.
C’est une section très importante, parce qu’elle pose des principes de bon sens marin et de sécurité qui restent valables en permanence.
Ce qu’il faut bien comprendre
Cette section ne vous dit pas encore forcément :
- qui est privilégié ;
- qui doit s’écarter dans un cas précis de croisement visible.
Elle pose surtout les fondations générales.
Autrement dit, avant même de parler de priorités ou de routes de collision dans un cas précis, on vous rappelle qu’un navire doit :
- assurer une veille efficace ;
- adapter sa vitesse ;
- apprécier correctement le risque d’abordage ;
- et manœuvrer à temps, de manière franche et efficace.
Ce sont des règles de base, et elles restent valables quelle que soit la visibilité.
Pourquoi la section 1 est essentielle
C’est probablement la partie la plus sous-estimée.
Beaucoup veulent aller directement aux situations concrètes du type :
- qui passe ?
- qui s’écarte ?
- qui est prioritaire ?
Mais avant cela, il faut avoir compris que la navigation repose d’abord sur :
- la veille ;
- l’analyse de la situation ;
- et l’anticipation.
Par exemple, si vous n’avez pas assuré une veille correcte, la question de savoir qui doit s’écarter arrive déjà trop tard.
De la même manière, si vous n’avez pas évalué correctement le risque d’abordage, vous pouvez mal interpréter la situation, même si vous connaissez ensuite la bonne règle en théorie.
C’est pour cela que la section 1 est fondamentale.
Section 2 : les règles qui s’appliquent quand les navires sont en vue les uns des autres
La deuxième section concerne les situations où les navires sont en vue les uns des autres.
C’est là que l’on retrouve les cas les plus connus au permis côtier :
- croisement (traversier) ;
- rencontre face à face (contre bordier) ;
- rattrapant ;
- navire qui doit s’écarter ;
- navire privilégié.
- navire non privilégié
C’est souvent cette partie que les candidats associent spontanément aux “règles de barre”.
Et c’est normal, parce qu’elle contient les situations les plus concrètes et les plus souvent illustrées en bateau-école ou en QCM.
Mais il faut bien voir que cette section ne s’applique pas tout le temps.
Elle s’applique dans une condition bien précise :
les navires doivent être en vue les uns des autres.
Cela change tout
Car si cette condition n’est pas remplie, vous ne pouvez tout simplement pas appliquer ces règles.
C’est là qu’apparaît une erreur fréquente :
beaucoup de candidats pensent que ces règles s’appliquent aussi en cas de visibilité réduite (brume), alors que ce n’est pas le cas !
Que signifie “en vue les uns des autres” ?
Cela signifie que les navires peuvent s’observer directement.
Ils se voient. (de jour comme de nuit / la nuit on voit les feux)
Ce point est essentiel, car certaines décisions de manœuvre reposent justement sur le fait :
- qu’on identifie la route de l’autre navire ;
- qu’on voit ce que c’est comme type de navire ;
- qu’on apprécie sa direction ;
- et qu’on peut raisonner à partir de ce que l’on observe visuellement.
Si cette observation visuelle n’est plus possible, on sort du cadre de la section 2.
Pourquoi la section 2 est celle qu’on retient le plus
Parce que c’est la plus concrète et souvent la plus utilisée.
On y retrouve les questions typiques du permis côtier :
- qui doit s’écarter ?
- dans quel sens manœuvrer ?
- que faire si deux navires se croisent ?
- que faire dans le cas d’un navire rattrapant ?
- comment se comporter face à un voilier, un bateau à moteur, un navire à capacité de manœuvre restreinte, etc. ?
Mais il faut résister à une tentation :
croire que cette section résume toutes les règles de barre.
En réalité, elle n’est que la deuxième partie de l’ensemble.
Section 3 : les règles qui s’appliquent par visibilité réduite
La troisième section concerne les situations de visibilité réduite.
Cela peut être par exemple à cause :
- du brouillard ;
- de la brume (moins fort que le brouillard);
- d’une forte pluie (un grain) ;
- de la neige ;
- de la fumée ;
- ou toute situation où la visibilité est significativement diminue
Dans ce cadre, la logique change.
Pourquoi ?
Parce que les navires ne peuvent plus forcément se voir directement.
On ne peut donc plus raisonner de la même façon qu’en section 2.
C’est un point capital
En visibilité réduite, on ne se contente pas de reprendre les règles “classiques” de croisement ou de rencontre comme si l’on voyait clairement l’autre navire.
La situation impose d’autres précautions.
On va accorder une importance particulière :
- à la veille ;
- à la vitesse de sécurité ;
- aux signaux sonores ;
- et à la prudence générale dans la manœuvre.
Autrement dit, la section 3 existe parce que la navigation en visibilité réduite demande un raisonnement spécifique.
Pourquoi on ne peut pas appliquer les mêmes règles dans le brouillard
Parce que quand on ne voit pas clairement les autres navires, on perd une partie des informations qui permettent normalement d’analyser la situation visuellement.
En visibilité normale, vous pouvez voir :
- l’aspect du navire ;
- son orientation ;
- sa route réelle ;
- et certains indices qui vous aident à comprendre la situation.
Dans le brouillard, ce n’est plus la même chose. (Même si aujourd’hui l’AIS* nous donne des informations précieuses sur les autres navires alentours.)
*AIS : Automatic Identification System
Vous devez donc naviguer avec plus de prudence, en tenant compte du fait que l’information est plus incertaine et qu’il est difficile d’estimer une situation : distance/vitesse, quand on ne voit pas les autres navires.
C’est pour cela qu’il existe une section séparée.
La logique des 3 sections en une phrase
Si vous voulez retenir la logique simplement, vous pouvez vous dire ceci :
- Section 1 : les bases générales, valables tout le temps
- Section 2 : les règles de rencontre quand les navires se voient
- Section 3 : les règles spécifiques quand la visibilité est réduite
C’est probablement la façon la plus simple de ne pas mélanger les trois.
L’erreur la plus fréquente sur les règles de barre
L’erreur la plus fréquente, c’est d’apprendre les cas de croisement ou de priorité sans avoir compris dans quel cadre ils s’appliquent.
Résultat :
- on connaît quelques réponses de QCM ;
- mais on ne sait plus très bien pourquoi elles sont justes ;
- et surtout on mélange les situations de visibilité normale et de visibilité réduite.
Le bon réflexe est plutôt celui-ci :
1. Dans quelle section suis-je ?
Avant même d’analyser la situation, posez-vous cette question.
2. La visibilité est-elle normale ou réduite ?
C’est une question essentielle.
3. Les navires sont-ils en vue les uns des autres ?
Si oui, certaines règles de la section 2 peuvent s’appliquer.
Si non, il faut appliquer la section 3.
4. Quelles règles générales restent valables quoi qu’il arrive ?
C’est là que la section 1 garde toute son importance.
Pourquoi cette distinction est utile au permis côtier
Parce qu’elle vous évite d’apprendre les règles “en vrac”.
Quand vous comprenez qu’il existe trois cadres distincts, vous structurez mieux vos connaissances.
Cela vous aide :
- à mieux retenir ;
- à mieux répondre au QCM ;
- à mieux comprendre les corrections ;
- et à mieux relier la théorie à la vraie navigation.
C’est aussi un bon moyen d’éviter les confusions quand vous travaillez votre cours sur les règles de barre.
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Exemple simple pour bien raisonner
Imaginons deux bateaux qui se rapprochent.
La première question n’est pas immédiatement :
“Qui est privilégié ?”
La première question devrait être :
“Dans quel cadre suis-je en train de raisonner ?”
- Est-ce une situation de visibilité normale ?
- Les navires se voient-ils ?
- Ou suis-je en visibilité réduite ?
Ce n’est qu’après avoir répondu à cela qu’on peut appliquer les bonnes règles.
C’est précisément pour cette raison que la structure en 3 sections est si importante.
Ce qu’il faut retenir pour le permis côtier
Si vous voulez aller à l’essentiel, retenez déjà ceci :
- les règles de barre sont organisées en 3 sections ;
- cette organisation dépend des conditions de visibilité ;
- Section 1 : règles générales valables dans toutes les conditions de visibilité ;
- Section 2 : règles applicables quand les navires sont en vue les uns des autres ;
- Section 3 : règles applicables par visibilité réduite ;
- avant d’appliquer une règle de croisement ou de priorité (on dit privilège), il faut toujours savoir dans quel cadre on se trouve.
Donc soit je suis :
- En vue les uns des autres : dans ce cas, j’applique la section 1 + la section 2
- En visibilité réduite : dans ce cas, j’applique la section 1 + la section 3
Si vous avez compris cela, vous avez déjà une très bonne base.
Pourquoi il vaut mieux comprendre cette structure que réciter quelques cas
On peut parfois réussir quelques questions d’examen en apprenant des réponses toutes faites.
Mais si vous voulez vraiment progresser, retenir dans la durée, et mieux comprendre ce qui se passe sur l’eau, il vaut mieux comprendre cette logique.
Et cette logique commence ici :
les règles de barre ne s’appliquent pas toutes dans le même contexte.
Quand cette base est claire, tout le reste devient plus cohérent.
C’est exactement l’approche que je privilégie dans mes cours :
ne pas seulement apprendre des réponses, mais comprendre pourquoi les règles existent et quand elles s’appliquent.
Quand on commence à travailler les règles de barre au permis côtier, il y a souvent un point qui crée de la confusion dès le départ.
On voit défiler des situations de croisement, de route de collision, de visibilité réduite, de navire privilégié, de navire qui doit s’écarter… mais on ne comprend pas toujours dans quel cadre chaque règle s’applique.
Résultat : beaucoup de candidats essaient de retenir des cas particuliers sans avoir compris la structure d’ensemble.
Et c’est justement ce qui complique les choses.
Car les règles de barre ne forment pas un bloc unique. Elles sont organisées en trois sections, et cette organisation n’est pas là par hasard.
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Regardez aussi la vidéo
Si vous voulez voir cette logique expliquée pas à pas, vous pouvez regarder la vidéo extraite de mon cours sur les règles de barre.
Elle complète très bien cet article et permet de visualiser plus facilement :
- la structure en 3 sections ;
- la différence entre visibilité normale et visibilité réduite ;
- et la logique générale des règles de barre.
