Quand on prépare le permis côtier, les feux et marques de jour des navires font partie des notions qui paraissent compliquées au début.
Et c’est normal.
On vous demande de reconnaître :
- différents types de navires ;
- différents feux ;
- différentes marques de jour ;
- et parfois d’en déduire si le navire est privilégié ou non.
Beaucoup essaient alors d’apprendre cela par cœur, comme une liste.
Le problème, c’est que sans logique, ce n’est pas facile.
Dans cet article, je vais vous expliquer les bases utiles pour comprendre les feux et marques de jour. L’objectif n’est pas seulement de réussir le QCM du permis côtier, mais aussi de mieux comprendre ce que vous voyez réellement sur l’eau.
Je suis formateur au permis bateau, et c’est exactement ce que je cherche à transmettre dans mes cours : poser des bases claires, pour que les notions restent plus facilement dans le temps.
Le document officiel sur les feux des navires et les marques de jour est téléchargeable sur le site du SHOM
À quoi servent les feux et marques de jour ?
Les feux et marques de jour servent à donner des informations sur un navire.
Ils permettent notamment de savoir :
- quelle est la taille du navire que vous observez ;
- Quel est son statut (on va expliquer cette notion très importante…) ;
- Savoir comment il est orienté ;
- Et dans certains cas, savoir si il avance sur l’eau ou pas.
Autrement dit, ce ne sont pas de simples détails réglementaires.
Ils servent à mieux comprendre la situation autour de vous, de jour comme de nuit.
La première chose à comprendre : le statut du navire
Avant de parler des feux eux-mêmes, il faut comprendre un point fondamental :
les feux et marques de jour dépendent du statut du navire.
C’est la base.
Un navire n’affiche pas les mêmes feux s’il est :
- à propulsion mécanique ;
- à voile ;
- à capacité de manœuvre restreinte ;
- handicapé par son tirant d’eau ;
- non maître de sa manœuvre ;
- au mouillage ;
- échoué ;
- ou en train de pêcher.
Si vous ne comprenez pas cette logique de départ, vous risquez de voir les feux comme une liste compliquée à retenir.
Alors que si vous partez du statut du navire, tout devient plus cohérent.
Un même navire peut avoir plusieurs statuts
C’est un point très important.
Le mot navire désigne simplement un engin utilisé comme moyen de transport sur l’eau.
Ensuite, on lui attribue un statut selon sa situation.
Par exemple :
- un voilier sous voiles n’a pas le même statut qu’un bateau à moteur ;
- un navire peut être à propulsion mécanique ;
- mais il peut aussi être handicapé par son tirant d’eau ;
- ou être en capacité de manœuvre restreinte ;
- ou encore être au mouillage.
Il faut donc éviter une erreur fréquente : croire qu’un navire n’entre que dans une seule case.
Dans la pratique, il faut surtout comprendre quelle est sa situation du moment.
Les grands statuts à connaître au permis côtier
Voici les principaux statuts que vous devez bien connaître.
Navire à propulsion mécanique
C’est tout navire mû (propulsé) par une machine.
C’est le cas classique du bateau à moteur, mais pas seulement.
Navire à voile
C’est un navire qui marche à la voile, sans utiliser son moteur.
C’est un point important : si un voilier fait route à la voile et au moteur, il est considéré comme un navire à propulsion mécanique.
Navire en train de pêcher
Il ne s’agit pas simplement d’un bateau de pêche au sens large.
Il s’agit d’un navire de pêche qui est en train de pêcher, ce qui limite sa manœuvrabilité.
Navire non maître de sa manœuvre
C’est un navire qui, par suite de circonstances exceptionnelles, ne peut pas manœuvrer comme il le devrait et ne peut donc pas s’écarter de la route des autre navires. Concrètement, ce navire à un problème : panne moteur, panne de barre, incendie…
Navire à capacité de manœuvre restreinte
Il peut s’agir par exemple d’un navire occupé à certains travaux ou à certaines opérations qui limitent sa capacité à manœuvrer. Concrètement, ce navire n’a pas de problème, mais les activités qu’il effectue le limitent dans sa manoeuvre : Drague, baliseur, câblier, navire océanographique…
Navire handicapé par son tirant d’eau
C’est un navire à propulsion mécanique qui, en raison de son tirant d’eau, de la profondeur et de la largeur des eaux disponible, est fortement limité dans sa possibilité de s’écarter de sa route. Cela peut être par exemple un gros pétrolier de 20 mètres de tirant d’eau dans la manche (peu de profondeur, bancs de sable)
Navire faisant route
Il est ni à l’ancre, ni amarré à terre, ni échoué.
Navire avec ou sans erre
Avec erre = vitesse surface / Sans erre = à la dérive
Pourquoi cette logique est essentielle
Parce que les feux et marques de jour ne sont pas là “au hasard”.
Ils traduisent une situation.
Autrement dit :
- on part du statut ;
- puis on comprend quels feux il doit montrer ;
- et quelles marques de jour il doit porter.
Si vous comprenez cela, vous aurez beaucoup plus de facilité pour :
- reconnaître un navire ;
- comprendre ses contraintes ;
- et répondre aux questions du permis côtier.
Les 5 grands types de feux à connaître
Pour simplifier, on peut déjà poser cette base : sur un navire, on retrouve principalement cinq grandes catégories de feux.
1. Le feu de côté bâbord
Il est rouge.
Il éclaire sur 112,5°.
2. Le feu de côté tribord
Il est vert.
Il éclaire sur 112,5°.
3. Le feu de poupe
Il est blanc.
Il éclaire sur 135° vers l’arrière.
4. Le feu de tête de mât
Il est blanc.
Il éclaire sur 225°.
5. Les feux visibles sur tout l’horizon
Ils éclairent sur 360°.
Ceux-là peuvent avoir différentes couleurs selon le cas : blanc, rouge, vert, en fonction du statut du navire.
6. Le feu de remorquage
Il est jaune
Il éclaire sur 135° vers l’arrière.
Ce que ces feux permettent de comprendre
Ces feux ne servent pas seulement à “faire joli la nuit”.
Ils permettent de savoir :
- si vous voyez le navire de face, de côté ou par l’arrière ;
- dans certains cas, s’il fait route avec ou sans erre ;
- s’il est au mouillage ou pas ;
- et dans d’autres cas, s’il est dans une situation particulière.
Par exemple :
- si vous voyez les feux de côté rouge et vert + le ou les feu(x) de tête de mât, vous êtes plutôt face à l’avant du navire ;
- si vous voyez seulement un feu vert, vous apercevez son côté tribord ;
- si vous voyez un feu rouge, vous apercevez son côté bâbord ;
- si vous voyez un feu de poupe blanc, vous le voyez plutôt de l’arrière.
Bien sûr, dans le détail, il faut ensuite croiser cela avec le type de navire et les autres feux éventuels.
Mais cette logique de base est déjà très utile.
Les marques de jour : à quoi servent-elles ?
Les marques de jour jouent un rôle similaire, mais de jour.
Elles servent à indiquer certaines situations particulières, par exemple :
- qu’un navire est au mouillage ;
- qu’il est échoué ;
- qu’il est à capacité de manoeuvre restreinte ;
- ou qu’il présente une configuration particulière.
Elles sont représentées par des formes simples de couleur noire :
- boule ;
- cône ;
- cylindre ;
- deux boules ;
- boule-losange-boule, etc.
Les feux et marques de jour les plus importants à bien comprendre
Au permis côtier, vous n’avez pas besoin de devenir expert de toutes les situations professionnelles complexes.
En revanche, vous devez bien comprendre les cas les plus fréquents et les plus utiles, comme par exemple :
Le navire à propulsion mécanique faisant route
C’est le cas le plus classique.
On retrouvera notamment :
- les feux de côté ;
- le feu de poupe ;
- et un ou plusieurs feux de tête de mât selon la longueur et la situation.
Le navire à voile
Il montre lui aussi des feux particuliers.
Et surtout, il ne faut pas oublier un point très important :
un voilier qui utilise son moteur devient un navire à propulsion mécanique.
C’est une confusion très fréquente.
Le navire au mouillage
On doit savoir reconnaître qu’un navire est au mouillage, notamment grâce à :
- son ou ses feux de mouillage ;
- et sa marque de jour.
Le navire non maître de sa manœuvre
C’est un cas important, car il a des implications directes en navigation.
Le navire à capacité de manœuvre restreinte
Même idée : il faut comprendre qu’il ne peut pas manœuvrer librement comme un navire ordinaire.
La bonne méthode pour comprendre la situation
1. J’identifie les feux visibles
Rouge, vert, blanc, visible sur tout l’horizon ou non, nombre de feux, disposition.
2. J’identifie les marques de jour, si je suis de jour
Boule, cône, cylindre, combinaison de formes.
3. Je me demande de quel côté je le vois et quel est le statut du navire
De face ? de côté ? de l’arrière / Est-il à moteur ? à voile ? au mouillage ? en pêche ? non maître de sa manœuvre ?
4. J’en déduis ce que cela signifie
Quel navire est-ce ? Que puis-je comprendre de sa situation ? Est-il privilégié ou suis-je privilégié ?
La portée lumineuse des feux : faut-il la connaître ?
Il faut au moins en comprendre l’idée générale.
Tous les feux n’ont pas la même portée lumineuse.
Cette portée dépend notamment :
- du type de feu ;
- de la longueur du navire ;
Au permis côtier, on ne vous embête pas avec ça, mais il est utile de savoir que tous les feux n’ont pas la même visibilité théorique.

Exemple concret : comment raisonner face à un navire de nuit
Imaginons que vous voyiez :
- un feu vert ;
- un feu blanc ;
- et pas de feu rouge.
Vous devez commencer par vous demander :
- suis-je en train de voir son tribord ? Réponse : Oui car je vois son feux de côté vert.
- ce feu blanc correspond-il à un feu de tête de mât ou à un feu de poupe ? Réponse : Un feux de tête de mât, puisque je vois aussi le feux de côté vert.
- Quel taille fait ce navire ? Réponse : Moins de 50 m car il n’a qu’un seul feu de tête de mât.
- suis-je en train de le croiser, ou de le rattraper ? Réponse : Je ne le rattrape pas car je ne vois pas son feu de poupe.
Autrement dit, les feux vous donnent des indices sur la situation.
Les erreurs fréquentes au permis côtier
Voici quelques erreurs très fréquentes.
Confondre voilier et navire à propulsion mécanique
Un voilier qui utilise son moteur n’est plus considéré comme un simple voilier au sens du RIPAM (Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer).
Apprendre les feux sans comprendre leur secteur
Or, c’est justement le secteur qui permet de comprendre ce que vous voyez.
Oublier que les marques de jour sont la version “de jour” de certaines informations
Elles ne remplacent pas exactement tous les feux, mais elles jouent le même rôle d’information sur la situation du navire.
Pourquoi il vaut mieux comprendre la logique plutôt qu’apprendre par coeur ?
Au permis côtier, on peut réussir quelques questions en apprenant mécaniquement.
Mais si vous voulez retenir dans la durée, et surtout être plus à l’aise en navigation, il vaut mieux comprendre :
- pourquoi un navire porte certains feux ;
- ce que ses marques de jour indiquent ;
- et ce que cela dit de sa situation.
C’est cette logique qui permet ensuite d’être plus à l’aise :
- au QCM ;
- sur l’eau ;
- et dans la lecture des situations réelles.
Regardez aussi la vidéo
Si vous voulez voir tout cela en explication pas à pas, avec les schémas et les exemples, vous pouvez regarder la vidéo extraite de mon cours sur les feux et marques de jour. Elle complète très bien cet article et permet souvent de mieux fixer les repères visuels.
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