Choisir son mouillage, ce n’est pas simplement repérer un coin qui a l’air calme et jeter l’ancre.
Avant même de parler de la façon de mouiller, il faut déjà savoir choisir une bonne zone de mouillage. Et pour cela, il y a plusieurs critères à prendre en compte : la direction du vent, le courant, la houle, la nature du fond, la profondeur, la place disponible, la météo prévue et le cercle d’évitage.
Dans cet article, je vous explique en détails ces critères à prendre en compte, avec ensuite un exemple concret sur une carte marine autour de l’île de Houat.
Anticiper son mouillage avant d’arriver sur zone
Un bon mouillage, ça s’anticipe.
Ce n’est pas en arrivant sur place qu’on commence à se demander :
- où on va se mettre ;
- quelle est la marée ;
- s’il y a de la place ;
- si le vent va tourner ;
- ou si la houle risque d’entrer dans la baie.
Quand vous partez de votre port de départ, il faut déjà avoir une idée de votre point de mouillage et des contraintes associées. En navigation, on revient toujours à la même logique : anticiper.
Pourquoi il faut prévoir à l’avance ?
Si vous attendez d’être sur zone pour réfléchir, vous allez souvent :
- perdre du temps ;
- vous retrouver à manœuvrer dans le stress ;
- choisir un mouillage moyen faute d’avoir étudié les options ;
- ou vous exposer à un changement de conditions dans la nuit.
Un bon mouillage se prépare avant.
Les critères à prendre en compte pour choisir une bonne zone de mouillage
Pour choisir un bon mouillage, il ne faut pas se focaliser sur un seul élément. Il faut croiser plusieurs critères.

La direction du vent
Le premier critère à regarder, c’est la direction du vent.
En règle générale, on cherche un endroit à l’abri de la côte, donc protégé du vent dominant. Une zone bien abritée sera plus confortable et plus sûre.
Mais il faut aussi penser à la suite :
- le vent peut tourner ;
- il peut se renforcer ;
- il peut même souffler dans la direction opposée pendant la nuit.
Si vous comptez rester plusieurs heures ou dormir au mouillage, il faut regarder la météo prévue pour la nuit et le lendemain, pas seulement le vent du moment.
Le courant
Le courant est souvent sous-estimé.
Pourtant, il peut tirer sur la chaine l’ancre, augmenter le risque de dérapage de l’ancre et modifier la position du bateau. Les zones proches des pointes, des passages resserrés ou situées entre plusieurs îles sont souvent plus exposées au courant de marée.
Un mouillage peut donc être abrité du vent, mais moins bon à cause du courant.
La houle
Il faut aussi tenir compte de la houle.
Certaines zones sont abritées du vent mais restent ouvertes à la houle. Et cela change tout :
- pour le confort ;
- pour la sécurité ;
- et pour la possibilité de débarquer sur une plage.
Un mouillage qui paraît très bon sur le papier peut devenir beaucoup moins intéressant s’il est exposé à une houle prévue dans la nuit ou le lendemain.
Le fond, la profondeur et la place disponible
Une fois le vent, le courant et la houle étudiés, il faut regarder de près les caractéristiques du mouillage lui-même.
La nature du fond
On va plutôt privilégier des fonds sableux ou vaseux :
- parce qu’ils offrent en général une bonne tenue ;
- et parce que leur impact écologique est plus faible.
À l’inverse, on évitera autant que possible :
- les fonds rocheux ;
- les fonds avec algues.
Dans ces zones, l’ancre tient souvent moins bien, et l’impact écologique peut être plus important.
La profondeur
Il faut aussi bien raisonner sur la profondeur.
Pour cela, on ne se contente pas de regarder la valeur notée sur la carte. Il faut :
- repérer la sonde (la valeur notée sur la carte) ;
- regarder les horaires de marée ;
- connaître la hauteur d’eau ;
- puis en déduire la profondeur à marée basse et à marée haute.
Il faut avoir ces deux profondeurs en tête pour savoir à quoi s’attendre et pour déterminer la longueur de chaîne à mettre.
Pour un bateau de plaisance d’environ 5 à 15 mètres, une profondeur adaptée au mouillage se situe souvent entre 2 et 10 mètres. Ce n’est pas une règle absolue, mais c’est une bonne fourchette à garder en tête.
La place disponible
Dernier point important ici : la place disponible.
Un mouillage peut sembler parfait, mais être trop petit. Et en été, certains mouillages très connus sont rapidement encombrés. Il faut donc vérifier qu’il y a suffisamment de place :
- pour le cercle d’évitage ;
- par rapport aux autres bateaux ;
- et par rapport à la côte.
Sinon, vous risquez de passer une mauvaise nuit… et de devoir changer de place en pleine nuit.
Le cercle d’évitage : un point essentiel à ne pas oublier
Le cercle d’évitage, c’est un point fondamental dans le choix du mouillage.
Quand le bateau est au mouillage, il se met face au vent, ou face au courant selon ce qui domine. Si le vent change de direction, le bateau tourne autour de son ancre pour rester face à lui.
C’est ce mouvement possible qu’il faut anticiper.

Comment calculer le rayon d’évitage ?
Le rayon d’évitage se calcule simplement :
longueur de chaîne mouillée + longueur du bateau
C’est ce rayon qu’il faut garder en tête pour vérifier si vous avez suffisamment de place :
- par rapport à la côte ;
- par rapport aux autres bateaux ;
- en cas d’un éventuel changement de vent ou de courant.
Quand le vent forcit
Si le vent monte, vous devrez souvent allonger la chaîne pour améliorer la tenue du mouillage.
Conséquence directe : le cercle d’évitage augmente lui aussi.
Un endroit qui semblait correct au départ peut alors devenir trop petit, surtout si le vent tourne.
Le rôle du courant sur l’évitage
Même si le vent reste stable, le courant de marée peut aussi modifier la position du bateau par rapport à l’ancre.
Il ne faut donc pas raisonner uniquement avec le vent. Le courant peut lui aussi influencer l’orientation et la place réellement nécessaire au mouillage.
Exemple concret : choisir un mouillage sur la carte de l’île de Houat

Voici un exercice concret à partir de la carte de l’île de Houat, dans le sud Bretagne.
L’objectif est de déterminer plusieurs mouillages possibles selon la direction du vent, Nord / Sud / Est / Ouest, en tenant compte à chaque fois :
- du vent ;
- du courant ;
- de la houle ;
- de la nature du fond ;
- et de la profondeur.
C’est exactement comme cela qu’il faut raisonner.
Par vent d’ouest ou de nord-ouest
Avec un vent d’ouest ou de nord-ouest, certaines baies sont naturellement plus abritées. Ici la grande plage de l’île de Houat
Mais il faut encore distinguer :
- les secteurs sableux ;
- les zones plus proches des pointes, donc plus exposées au courant ;
- et les zones indiquées comme rocheuses ou avec algues, qui peuvent malgré tout être de bons mouillages connus en pratique.
Autrement dit, il ne faut pas lire la carte de façon trop simpliste. Une zone peut paraître moyenne sur la carte et pourtant être très fréquentée parce que, sur place, le mouillage est bon.
Par vent d’est
Avec un vent d’est, on va logiquement chercher l’abri de l’autre côté de l’île. Côté Ouest.
Certaines plages ou petites baies deviennent alors intéressantes, surtout si le fond est sableux. En revanche, il faut rester attentif à la houle éventuelle. Une zone peut être un très bon mouillage un jour, puis devenir beaucoup moins intéressante si une houle entre dedans.
Par vent d’ouest
Quand le vent vient plutôt de l’ouest, toute la côte nord peut offrir des solutions intéressantes.
Mais là encore, il faut éviter de se placer juste sur une pointe, même avec un bon fond, parce que le courant y sera souvent plus marqué. Les creux de côte, les baies et les plages offrent généralement de meilleures options.
Par vent d’est à nord-est
La petit baie située nord-ouest de l’île, avec du sable et un point de mouillage indiqué.
L’endroit peut être intéressant, mais il a aussi ses limites :
- zone plus petite ;
- capacité réduite en nombre de bateaux ;
- exposition possible à la houle.
C’est un bon rappel : un mouillage ne se résume jamais à “il y a du sable”. Il faut toujours raisonner avec l’ensemble des critères.

Carte extrait du SHOM
Ce qu’il faut retenir pour bien choisir son mouillage
Si vous voulez garder l’essentiel, retenez ceci :
Les 5 grands réflexes à avoir
- regarder la direction du vent ;
- éviter les secteurs trop exposés au courant ;
- tenir compte de la houle ;
- privilégier les fonds sableux ou vaseux ;
- vérifier la profondeur en tenant compte de la marée.
Les 3 oublis fréquents
- oublier la place disponible ;
- oublier le cercle d’évitage ;
- oublier que le vent ou la météo peuvent changer pendant la nuit.
L’idée générale
Un bon mouillage, ce n’est pas juste un endroit calme.
C’est un endroit où tous les paramètres sont à peu près cohérents :
- abri ;
- fond ;
- profondeur ;
- place ;
- sécurité ;
- anticipation.
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Regardez aussi la vidéo
Si vous le souhaitez, vous pouvez regarder la version vidéo de cet article qui est un extrait de mon cours sur “Permis côtier – Comment bien choisir son mouillage ?”
Elle complète très bien cet article et permet de visualiser plus facilement :
- les critères de mouillage ;
- la notions de cercle d’évitage ;
- Les zones de mouillage présentées dans l’exemple de l’île de Houat !
