Vous préparez votre première sortie en mer ou vous vous interrogez sur l’équipement obligatoire à bord ? Le gilet de sauvetage (parfois aussi appelée brassière de sauvetage) est sans doute le sujet sur lequel on ne peut pas se permettre de faire l’impasse. Et pourtant, c’est un des sujets parfois mal compris : beaucoup de plaisanciers ignorent que tous les gilets ne se valent pas, que la réglementation française distingue plusieurs niveaux selon la zone de navigation, et que le gilet en mousse acheté il y a dix ans n’est peut-être plus adapté à ce qu’il se fait aujourd’hui.
Dans cet article, vous allez comprendre exactement ce que dit la réglementation, comment lire les niveaux de flottabilité en Newton, comment choisir le bon gilet selon votre pratique, et comment l’entretenir pour qu’il soit opérationnel le jour où vous en aurez besoin.
Un chiffre pour commencer : selon la SNSM, 8 noyades sur 10 auraient pu être évitées si les victimes avaient porté un gilet de sauvetage. Ce n’est pas un argument de vente – c’est un fait documenté, recueilli après des années d’interventions en mer.
Ce que dit la Division 240 : la réglementation française en clair

En France, la réglementation qui s’applique aux bateaux de plaisance de moins de 24 mètres s’appelle la Division 240. Elle a été mise à jour en mai 2019, puis précisée par un arrêté du 11 octobre 2024 publié au Journal officiel.
Ce texte pose deux principes clairs :
- Un gilet par personne à bord. Il est obligatoire d’avoir à bord autant d’équipements individuels de flottabilité (EIF) que de personnes embarquées. Ce sont des équipements homologués CE, conformes à la norme NF EN ISO 12402.
- Le niveau de flottabilité dépend de la zone de navigation. Plus vous vous éloignez d’un abri, plus le gilet doit être performant.
La Division 240 définit trois zones principales et le niveau minimum exigé pour chacune :
| Zone de navigation | Distance d’un abri | EIF minimum requis |
| Navigation basique (eaux abritées) | Moins de 2 milles | 50 N (aide a la flottabilite) |
| Navigation cotiere | 2 a 6 milles | 100 N (gilet de sauvetage) |
| Zone semi-hauturiere et hauturiere | Au-dela de 6 milles | 150 N (gilet de sauvetage) |
| Enfants de 30 kg maximum | Quelle que soit la zone | 100 N minimum, à porter en permanence |
Un point important que beaucoup ne savent pas : le port du gilet n’est pas légalement obligatoire en permanence pour les adultes. Ce qui est obligatoire, c’est d’avoir un gilet adapté à bord pour chaque personne. C’est le chef de bord qui décide quand le faire porter, selon les conditions. La SNSM, elle, recommande de le porter en permanence. Et moi aussi d’ailleurs 😉
Le cas particulier des enfants
La réglementation est plus stricte pour les enfants de moins de 30 kg : ils doivent porter un équipement Individuel de Flottabilité (EIF) de performance 100 N en permanence, quelle que soit la distance d’éloignement. Il doit être adapté à leur poids et à leur morphologie. Un gilet adulte utilisé pour un enfant ne convient pas.

Harnais et longe : obligatoires au large
En navigation hauturière (au-dela de 6 milles d’un abri), un harnais et une longe de sécurité sont requis. Le harnais permet de rester attaché au bateau, ce que le gilet ne garantit pas tout seul. Certains gilets gonflables intègrent un harnais, ce qui est une solution pratique et fortement recommandée pour la navigation au large.
Comprendre les niveaux de flottabilité : Newton, qu’est-ce que cela change concrètement ?
La flottabilité d’un gilet se mesure en Newton (N). Un Newton correspond à environ 100 grammes de poussée vers le haut. La norme NF EN ISO 12402 distingue quatre niveaux principaux. Ce n’est pas juste une graduation de confort : les différences sont fondamentales du point de vue de la sécurité.
| Niveau | Usage prevu | Caracteristique cle | Norme ISO |
| 50 N | Eaux calmes, proches du bord, plan d’eau interieur (moins de 2 milles) | Aide a la flottabilite. Ne retourne pas une personne inconsciente | ISO 12402-5 |
| 100 N | Navigation cotiere (2-6 milles), eaux peu agitees | Vrai gilet de sauvetage. Retourne une personne inconsciente sur le dos | ISO 12402-4 |
| 150 N | Navigation hauturiere, mer agitee, mauvaises conditions (au delà de 6 milles) | Gilet de haute performance. Retournement garanti meme avec des vetements lourds | ISO 12402-3 |
| 275 N | Haute mer, conditions extremes, navigation professionnelle | Retournement garanti en moins de 5 secondes meme avec des vetements tres lourds | ISO 12402-2 |
La distinction essentielle se situe entre 50 N et 100 N. Un équipement de 50 N est une aide à la flottabilité, pas un gilet de sauvetage. Cela signifie qu’il nécessite que vous soyez conscient et que vous participiez activement pour maintenir la tête hors de l’eau. Dès que vous perdez connaissance, il ne vous sauvera pas. C’est pourquoi, pour toute navigation en mer à plus de 2 milles d’un abri, le 100 N est le minimum obligatoire.
Un adulte corpulent ou portant des vêtements de mer lourds gagne à choisir un niveau supérieur à ce qu’exige la réglementation. La norme elle-même le recommande : en cas de doute, montez d’un cran.
Les deux grandes familles de gilets : mousse ou gonflable ?
Avant de choisir un niveau de flottabilité, vous devez choisir entre deux technologies de gilet. Chacune a ses avantages et ses situations d’usage.
Le gilet en mousse (flottabilité inhérente)

Le gilet en mousse est le plus simple et le plus fiable mécaniquement : il n’y a rien à déclencher, rien à vérifier avant sa sortie en mer, rien qui peut tomber en panne. Une vérification de son état en début de saison suffira.
- Avantages : prêt à l’emploi immédiatement, quasiment zéro maintenance, très robuste, idéal pour les enfants.
- Inconvénients : encombrant, moins confortable pour les manoeuvres, pénible à porter en permanence.
Il est souvent recommandé pour les enfants, car il est plus simple à porter en permanence et ne présente aucun risque de déclenchement par l’enfant ou de non-déclenchement si l’enfant tombe à l’eau.
Le gilet gonflable est devenu la référence pour la plaisance, que ce soit pour la navigation côtière ou la navigation hauturière. Il est discret, confortable, et peut atteindre des niveaux de flottabilité élevés (150 N, 275 N) tout en restant léger et agréable à porter en permanence.
Le gilet gonflable

- Avantages : très confortable, permet des manoeuvres sans gêne, disponible en 150* N et 275 N (parfois 100 N en version junior), peut intégrer un harnais. (* On trouve aussi très souvent des 165 N ou 170 N)
- Inconvénients : requiert une vérification régulière, peut ne pas se déclencher si est mal entretenu, plus onéreux qu’un gilet en mousse.
2 systèmes de déclenchement automatique sur un gilet gonflable
Il existe deux systèmes de déclenchement automatique pour les gilets gonflables. Les 2 systèmes utilisent une petite cartouche de CO2 pour gonfler le gilet, mais c’est la technologie utilisée pour le déclenchement qui diffère. Le choix est donc important :
- Déclenchement automatique avec pastille de cellulose (système UML = Unique Marine Life) La cellulose (comme du papier) se désagrège instantanément dès qu’elle est immergée dans l’eau, libérant un ressort qui perce la petite cartouche de CO2. Le gilet se gonfle alors en 4 à 5 secondes. Attention : la pastille a une date de péremption (ou un indicateur de péremption selon les modèles) et doit donc être changer dans les temps. Le gros inconvénient de ces gilets : la pastille de cellulose est très sensible à l’humidité et au projection d’eau. Le gilet peut donc se déclencher tout seul, quand on le porte et que le temps est très humide (pluie, paquet de mer), après un rinçage ou durant un stockage dans un lieu humide (bateau, garage). Et ce n’est pas juste de la théorie, je l’ai déjà vu plusieurs fois !
- Déclenchement hydrostatique (système de la marque Hammar) : le gilet se gonfle sous l’effet de la pression de l’eau à partir d’une dizaine de centimètres de profondeur, libérant un ressort qui perce la petite cartouche de CO2. Le gilet se gonfle alors en 4 à 5 secondes. . Il est plus fiable face aux projections d’eau et à l’humidité.

Prix et fréquence d’entretien de ces 2 systèmes
Un gilet équipé d’un système à pression (Hammar) coûte environ 20 à 25% plus cher qu’un système à cellulose (UML). Les cartouche de CO2 (prix : 10 à 20 euros) n’ont pas de date de péremption officielle. Il faut les vérifier visuellement et les peser pour s’assurer quelle sont toujours pleine. Le système cellulose (UML) est à changer tout les 3 ans environ (prix : 10 à 15 euros). Le système hydrostatique (Hammar) a une durée de vie de 5 ans (prix 30 à 40 euros). Donc le coup est identique, mais le changement du système est un peu moins simple sur le Hammar, mais tout à fait réalisable soi même !
La fiabilité du déclenchement de ces 2 systèmes
les 2 systèmes ont la même fiabilité. On dit que le système à cellulose est très rapide. Mais le système à pression marche très bien aussi…
Votre choix entre ces 2 systèmes de déclenchement
Mon conseil : Si vous naviguez par beau temps, sur un navire où vous n’êtes pas mouillé, un système à cellulose est suffisant (à condition de ne pas stocker les gilets dans un endroit humide). Mais dans tous les autres cas je suis convaincu que le système hydrostatique (Hammar) à plus d’avantages que d’inconvénients.
Attention : Il existe aussi des gilets gonflables sans déclenchement automatique, qui sont à mon sens à proscrire dans la majorité des cas.
Les 3 systèmes de déclenchement d’un gilet de sauvetage gonflable
Quelque soit le système que vous aurez choisi : Cellulose (UML) ou hydrostatique (Hammar), le gilet peut se gonfler soit :
- Automatiquement avec un des 2 systèmes
- Manuellement en tirant sur une petit poignée (ce qui va percé la cartouche de CO2 et gonfler le gilet) si le système automatique ne fonctionne pas
- À la bouche avec un embout buccale (qui est caché dans le gilet) si rien d’autre ne fonctionne !

Comment choisir son gilet selon sa pratique
Il n’existe pas de gilet universel parfait pour toutes les situations. Le bon gilet, c’est celui qui correspond à votre type de navigation, à votre morphologie et à vos conditions d’utilisation.
Vous naviguez à moins de 2 milles, sur un plan d’eau calme
Un équipement de 50 N est réglementairement suffisant. En pratique, si vous naviguez régulièrement et souhaitez une polyvalence, un 100 N vous donnera une meilleure sécurité sans vous contraindre.

Vous préparez votre permis côtier
Le permis côtier autorise à naviguer jusqu’à 6 milles d’un abri. Dans cette zone, le 100 N est obligatoire. C’est le niveau de base que tout titulaire du permis côtier doit avoir à bord pour chacune des personnes embarquées. Un gonflable automatique 150 N est un excellent choix si vous souhaitez un équipement durable qui vous suivra aussi quand vous irez plus loin.
Vous visez le permis hauturier ou vous naviguez au large
Au-dela de 6 milles d’un abri, le permis hauturier et le gilet de 150 N sont obligatoires*. Pour les navigations hauturières l’intégration d’un harnais dans le gilet est une solution simple et fiable. (*le permis hauturier n’est pas obligatoire pour les voiliers, mais recommandé)
Vous avez des enfants à bord
Le gilet doit être adapté au poids de l’enfant, pas à son âge. Les fabricants proposent des tailles adaptées par tranche de poids. Le gilet en mousse est souvent préféré pour les enfants car plus simple à porter en permanence, sans risque de déclenchement intempestif du système automatique par l’enfant qui tire sur la poigné.
Votre morphologie sort des standards
La flottabilité est calculée pour un porteur type de 70 kg. Si vous pesez significativement plus, ou si vous portez des vêtements de mer lourds (combinaison de survie, ciré épais), il est conseillé de monter au niveau supérieur. La norme NF EN ISO 12402 inclut une annexe (240-A.4) précisant le choix du niveau en fonction du poids.
Les équipements complémentaires à ne pas négliger
Le gilet seul ne suffit pas. Pour être secouru, il faut aussi être visible et audible. La Division 240 impose plusieurs équipements complémentaires, que vous devez connaître avant de prendre la mer.
- Dispositif de repérage et d’assistance pour personne tombée à l’eau : cet équipement qui est souvent une bouée couronne avec un feu à retournement est obligatoire pour la zone côtière et au delà (plus de 2 milles d’un abri). Sauf si chaque membre d’équipage porte en permanence une gilet de sauvetage équipé d’une lampe étanche dont l’autonomie est d’au moins 6 heures. Certains gilets intègrent directement une lampe de détresse automatique, mais elles peuvent être également rajoutée.
- Sifflet : la plupart des gilets en sont équipés d’origine. Il permet de signaler sa présence (très utile de nuit ou en cas de brume épaisse).
- Bandes rétro-réfléchissantes : obligatoires sur les gilets conformes à la norme. Elles permettent de vous localiser de nuit avec un projecteur.
- Harnais et longe : en navigation hauturière ou par mauvais temps, ils permettent de rester attaché au bateau.
- AIS individuel ou PLB : en navigation hauturière, une balise personnelle de localisation (PLB = Personnal Land Beacon) ou une balise personnelle (MOB AIS = Man Overboard / Automatic Identification System) est fortement recommandé. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est ce qui fait la différence lors d’une chute à la mer de nuit ou par mauvais temps.
- Si ce que je viens de vous dire sur les balises est du charabia pour vous, je vous invite à suivre ma formation CRR Malin.
Le chef de bord : responsabilités et obligations légales

La Division 240 est claire sur ce point : c’est le chef de bord qui est responsable de l’armement de sécurité. Cela signifie concrètement :
- Il doit s’assurer que chaque personne embarquée dispose d’un équipement individuel de flottabilité (EIF) adapté à sa morphologie et à son poids.
- Il décide quand faire porter les gilets selon les conditions météo, la zone de navigation, la nuit ou le jour.
- Il doit ranger les gilets dans un endroit facilement et rapidement accessible, donc pas fermé à clé dans une cabine ou au fin fond du navire…
- Pour les bateaux à moteur hors-bord, il doit utiliser un coupe-circuit relié au poignet, à la jambe ou au gilet.
Un point souvent sous-estimé : un gilet mal entretenu, qui ne se gonflera pas forcément. Pour votre sécurité et pour la loi, un gilet avec un système de déclenchement périmé, c’est comme ne pas avoir de gilet à bord !
Entretien du gilet gonflable : ce que vous devez vérifier avant chaque saison
Contrairement au gilet en mousse qui ne demande quasiment aucun entretien, le gilet gonflable exige une vérification régulière. Un gilet qui n’a pas été vérifié depuis la saison dernière est potentiellement un gilet qui ne se gonflera pas.
Les vérifications à faire avant chaque saison
- Housse extérieure : vérifiez l’état général du tissu, le velcro ou la fermeture éclair. Aucun signe d’usure ou de déchirure.
- Chambre gonflable : gonflez-la manuellement via la canule (embout buccal) et laissez-la sous pression pendant 12 heures. Si elle perd de la pression, il y a une fuite à faire réparer.
- Sangles et boucles : vérifiez l’état des coutures, des sangles de réglage et des boucles d’attache.
- Sifflet et bandes rétro-réfléchissantes : présents et en bon état.
- Bouteille de CO2 : vérifiez qu’elle n’est pas oxydée, qu’elle est fermement vissée sur le percuteur. Pesez-la et comparez au poids inscrit dessus : si le poids est inférieur, la bouteille est vide.
- Système de déclenchement : vérifiez la présence de l’indicateur vert (pastille UML en bon état). Si la pastille est périmée ou absente, le gilet ne se gonflera pas automatiquement. Vérifier la date de péremption pour les système hydrostatique (Hammar)


Les dates de péremption à connaître
- Pastille UML (déclenchement automatique) : périmée au bout de 3 ans*. Présence d’un témoin vert / rouge.
- Cartouche hydrostatique Hammar : durée de vie de 5 ans. Date visible sur le percuteur jaune.
- Cartouche CO2 : pas de date de péremption officielle
*Durée de vie et date de péremption à vérifier suivant les marques et modèles.
La Division 240 n’impose pas formellement une révision annuelle pour les plaisanciers. Cependant, les fabricants recommandent une révision complète par un agent agréé tous les deux ans. Si votre gilet a été déclenché (chute à la mer ou test), il doit impérativement être bien rincé et séché avant de réinstaller un nouveau système de percussion.
Le rangement compte aussi
Rangez votre gilet dans un endroit sec. L’humidité ambiante peut activer la pastille de cellulose et déclencher le gilet inutilement. Ne laissez pas un gilet gonflable dans la cabine humide du bateau tout l’hiver sans vérification au printemps.

Ce que l’examen du permis côtier et du permis hauturier vous demande de savoir
Si vous préparez le permis côtier ou le permis hauturier, le sujet des équipements de sécurité fait partie du programme et peut tomber à l’examen. Voici les notions clés à retenir.
- La Division 240 fixe le matériel obligatoire à bord selon la zone de navigation (éloignement d’un abri).
- Un EIF de 50 N est une aide à la flottabilité, pas un gilet de sauvetage : il ne retourne pas une personne inconsciente.
- En navigation côtière (2 à 6 milles), le minimum est 100 N. Au-dela de 6 milles, c’est 150 N.
- Les enfants de moins de 30 kg doivent porter un 100 N en permanence, quelle que soit la zone.
- Le chef de bord est responsable de l’armement de sécurité et du bon état des EIF.
- En navigation hauturière (plus de 6 milles d’un abri), un harnais et une longe sont requis (en complément du gilet).
Ces notions sont directement liées à la réglementation de la sécurité en mer, un thème transversal qui revient régulièrement dans les QCM du permis côtier comme du permis hauturier.
Questions fréquentes sur les gilets de sauvetage

Est-ce que le port du gilet de sauvetage est obligatoire en permanence ?
Non, pas pour les adultes. La Division 240 impose d’avoir à bord un gilet par personne, adapté à chaque passager, mais le port permanent n’est pas une obligation légale pour les adultes en mer. C’est le chef de bord qui décide quand le faire porter, selon les conditions météo, la zone de navigation, la nuit ou le jour.
En revanche, pour les enfants de 30 kg maximum, le port est obligatoire en permanence, quelle que soit la zone, avec un EIF de niveau 100 N minimum.
Mais attention à cette subtilité : pour une navigation à plus de 2 milles d’un abri, le navire doit être également équipé d’une bouée couronne avec feu à retournement. Sinon toutes les personnes à bord doivent porter un gilet (avec lumière) en permanence !
Ce que recommande la SNSM : portez votre gilet dès que vous montez à bord. 8 noyades sur 10 auraient pu être évitées si les victimes en avaient porté un.Combien de Newton faut-il pour naviguer avec le permis côtier ?
Le permis côtier autorise à naviguer jusqu’à 6 milles d’un abri. Dans cette zone, la réglementation impose un EIF de 100 N minimum pour chaque personne à bord. Un gilet de 50 N (aide à la flottabilité) n’est pas suffisant au-delà de 2 milles.
Si vous souhaitez vous équiper pour l’avenir – par exemple pour passer ensuite le permis hauturier et naviguer au-delà de 6 milles – un gonflable automatique de 150 N est un excellent investissement dès le départ.Quelle est la différence entre un gilet 100 N et un gilet 150 N ?
Les deux retournent une personne inconsciente sur le dos et maintiennent la tête hors de l’eau. La différence tient aux conditions dans lesquelles ils le font.
Le 100 N est conçu pour des eaux relativement calmes et abritées, sans vêtements très lourds. Le 150 N est prévu pour la mer agitée, le mauvais temps et les vêtements de mer épais – il offre une poussée plus importante qui compense le poids des équipements. Au-delà de 6 milles d’un abri, le 150 N est obligatoire. En dessous, le 100 N suffit réglementairement, mais le 150 N reste une option toujours valide.Comment savoir si mon gilet gonflable est encore valable ?
Vérifiez trois éléments avant chaque saison :
1. Le système de déclenchement. Pour les systèmes UML (automatique), elle a une durée de vie généralement de 3 ans. Pour les système hydrostatique Hammar, la validité est de 5 ans. La date est inscrite sur le système. Si elle est périmée, le gilet risque de ne pas se gonfler automatiquement.
2. La bouteille de CO2. Vérifiez qu’elle n’est pas oxydée, qu’elle est bien vissée, et pesez-la. Si son poids est inférieur à ce qui est indiqué sur l’étiquette, elle est vide. Il n’y a pas de date de péremption officielle.
3. La chambre gonflable. Gonflez-la manuellement via la canule et laissez-la sous pression 12 heures. Si elle perd de l’air, il y a une fuite à faire réparer par une station agréée.Un gilet en mousse est-il valable au même titre qu’un gonflable selon la réglementation ?
Oui, totalement. La Division 240 ne fait aucune distinction entre un gilet en mousse et un gilet gonflable. Ce qui compte, c’est le niveau de flottabilité en Newton et la conformité à la norme NF EN ISO 12402 (marquage CE ou barre à roue).
En pratique, le gilet en mousse est souvent recommandé pour les enfants car il est plus simple à porter en permanence et ne nécessite aucune vérification de système de déclenchement. Pour les adultes, le gonflable est généralement préféré pour son confort et sa discrétion lors des manoeuvres.Faut-il un gilet pour chaque passager, ou seulement pour le pilote ?
Un gilet par personne à bord, sans exception. La Division 240 est claire : chaque personne embarquée doit disposer d’un EIF adapté à sa morphologie et à son poids. Un gilet adulte ne peut pas être partagé avec un enfant, et un gilet prévu pour 70 kg n’est pas adapté à une personne beaucoup plus lourde.
Les gilets doivent être rangés dans un endroit facilement et rapidement accessible, pas fermé à clé dans une cabine. En cas de situation d’urgence, vous devez pouvoir les atteindre en quelques secondes.
Naviguer équipé, c’est naviguer en confiance
Le gilet de sauvetage n’est pas un équipement qu’on sort en cas d’urgence. C’est un équipement qu’on porte avant que l’urgence arrive. La mer peut surprendre même par beau temps – une vague inattendue, une perte d’équilibre, une filière qui lâche. Dans ces moments-là, on n’a pas le temps de rentrer dans la cabine chercher un gilet.
Ce que vous venez de lire : les niveaux de Newton, les zones de la Division 240, les systèmes de déclenchement, les dates de péremption – fait partie de ce que tout plaisancier sérieux doit connaître. Que vous prépariez votre permis côtier ou que vous visiez le permis hauturier pour naviguer plus loin, cette culture de la sécurité sera votre meilleure alliée sur l’eau.
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